Parlant de John Ford qui se servit de sa propre expérience de la guerre pour réaliser
Les sacrifiés, Christophe Gans avoue : Comme tous ceux de ma génération, je n'ai
malheureusement - heureusement - pas vécu ce genre d'expérience dramatique. Je ne suis
qu'un vétéran de guerres cinéphiliques. Je suis revenu vivant de centaines de navets. Voilà pour
ce qui est de mon expérience vécue.
Des navets, il a du en voir en effet des centaines, sa boulimie l'entraînant à voir trois films
chaque jour en temps normal.
Christophe Gans naît à Antibes en 1960.
A l'age de douze ans, il passe son temps dans les salles obscures, où sont projetés à l'époque
des films de kung fu, de monstres japonais, de bandes d'horreur espagnoles ...
Il réalise même des courts métrages en super 8, inspirés des films de cape et d'épée
chinois de l'époque.
Insatiable, dès 1973, il hante le Marché du Film de Cannes, au lieu d'aller en cours.
Son plaisir étant de faire partager ses nombreuses expériences cinématographiques, il rédige
un fanzine qu'il intitule Rhésus O.
A dix-huit ans, il monte à Paris pour entrer à l'IDHEC. Quatre ans plus tard, il en sort
un diplôme de monteur en poche, avec à son actif son premier court métrage en 16 m/m,
Silver Slime, hommage aux deux maîtres italiens du film d'horreur Mario Bava et
Dario Argento.
Parallèlement à ses études, il collabore à des magazines spécialisés comme L'écran fantastique.
Il devient aussi directeur de collection du label vidéo Scherzo, pour lequel il sort entre
autres L'enfer des armes de Tsui Hark et Story of Joanna de Gerard Damiano.
Intéressés par ses choix qui s'avèrent judicieux, les patrons de Scherzo proposent en 1983
à Christophe Gans de lancer un magazine. Ce sera le désormais mythique Starfix.
Après huit ans de journalisme et quelques échecs en tant que scénariste, Christophe Gans se
diversifie en rejoignant Antoine de Caunes aux Enfants du Rock puis Rapido.
Remarqué par Samuel Hadida, il développe alors des projets au sein de sa société
Davis Film. Lorsque le projet
Crying Freeman est lancé avec
Yuzna Productions et Ozla Pictures, le seul moyen pour
Christophe Gans de justifier sa place derrière la caméra sur ce film est de faire un bout
d'essai. Ce sera Les noyés (The Drowned), premier segment du tryptique
Necronomicon inspiré de l'oeuvre de Howard P. Lovecraft.
Il sort de cette aventure reconnu par la profession et bénéficie d'une critique élogieuse sur
l'élégance de son style dans le très lu Variety.
Le projet Crying Freeman est enfin approuvé par les japonais de Ozla Pictures.
Le nouveau film de Christophe Gans s'intitule Nemo.
Comme l'indique son titre, il est inspiré de 20.000 lieues sous les mers
de Jules Vernes.
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